Prix L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science

« Le monde a besoin de la science, et la science a besoin des femmes, car les femmes de science ont le pouvoir de changer le monde »

L’initiative L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science a pour objectif de reconnaître les chercheuses accomplies, d'encourager davantage de jeunes femmes à choisir les sciences et de les aider une fois leur carrière professionnelle entamée.

Bien que la situation s’améliore, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre la parité homme-femme en sciences dans le monde, y compris au Québec et au Canada. Les femmes ne représentent en effet que 28% des chercheurs dans le monde (UNESCO Science Report, 2015). Cette situation s’explique notamment par les difficultés que rencontrent encore les femmes dans l’avancement de leurs carrières scientifiques et le manque de soutien à leur égard pour la réalisation des projets de terrain.

Pour attirer davantage de femmes dans le domaine des sciences, il faut inculquer la confiance scientifique chez les filles dès leur plus jeune âge en les mettant en contact avec des femmes scientifiques au parcours inspirant, ou encore permettre à un plus grand nombre de femmes scientifiques d'obtenir des postes à responsabilités. C’est ce que s’efforcent d’accomplir la Fondation L’Oréal et l’UNESCO à travers le prix L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science.

Un rayonnement unique

En plus de recevoir une bourse, les récipiendaires du prix, tant à l’international qu’au Canada, bénéficient d’une visibilité inégalée par le biais d’entrevues avec les médias, d’activités sur les médias sociaux de l’UNESCO, de la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO) et de L’Oréal et par une cérémonie de remise de prix qui attire les personnalités les plus influentes dans le domaine de la recherche scientifique au Canada. Cela leur permet de se faire connaitre en tant que chercheuses et donne une visibilité à leurs travaux de recherche.

Quels sont les prix décernés ?

  • Chaque année, deux bourses d’excellence en recherche de 20 000 $ sont attribuées à des jeunes femmes de science afin de soutenir leurs projets de recherche au niveau postdoctoral.
  • De plus, en partenariat avec l’Ambassade de France à Ottawa, deux bourses de 5000 $ sont remises à de jeunes scientifiques au niveau doctoral dans le cadre du programme Fonds France-Canada pour la Recherche.
  • Enfin, en collaboration avec la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), un supplément de bourse postdoctorale d’un montant de 10 000 $ est remis à une scientifique canadienne participant à un projet de recherche prometteur.

Un programme de visibilité accompagne ce prix, les boursières sélectionnées étant invitées à participer à des conférences, à des entrevues avec les médias et à devenir mentors dans le cadre du programme L’Oréal Canada pour les filles et la science.

Processus de candidature

Le processus de candidature est libre et les candidates soumettent elles-mêmes leurs dossiers via Universités Canada pour les deux bourses d’excellence, le CRNSG pour le supplément postdoctoral ou le Fonds France-Canada pour la recherche (FFCR) pour le supplément doctoral.

Lauréates 2016

Women in Science

Les lauréates 2016 (avec des fleurs), de gauche à droite : Dr Kathryn Hargan, Dr Lorina Naci, Stephanie Kedzior, Victoria Arbour, Joanna Bundus

Dr Lorina Naci – Bourse d’Excellence L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science 2016

PhD, lésions cérébrales, cognition et conscience, Université Western

Le programme de recherche la Dre Naci vise à comprendre comment l’organisation fonctionnelle du cerveau appuie la cognition et la conscience humaines, et comment cette organisation se désagrège dans un cerveau endommagé. Ses travaux associent la théorie psychologique, l’imagerie cérébrale et la recherche auprès de patients anesthésiés ou souffrant de lésions cérébrales, et transposent ces connaissances pour développer des mesures d’imagerie cérébrale applicables dans un environnement clinique. Ses travaux étudient également les implications médico-éthiques et sociétales de telles applications, afin de définir des lignes directrices pour leur transfert éthique dans un cadre clinique.

Dr Stefanie Vogt – Bourse d’Excellence L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science 2016

PhD, microbiologie, Université de Colombie-Britannique

Stefanie Vogt a obtenu son doctorat en microbiologie et biotechnologie de l’Université de l’Alberta en 2013. Elle est actuellement boursière postdoctorale aux Laboratoires Michael Smith de l’Université de Colombie-Britannique. Dans le cadre de ses recherches, Stefanie tente de comprendre comment les pathogènes bactériens perçoivent leur environnement et y réagissent, et plus particulièrement comment l’E. coli pathogène interagit avec les communautés de bactéries présentes dans l’intestin humain.

Victoria Arbour – Boursière postdoctorale du CRSNG

Biologiste évolutionniste et paléontologue spécialisée en vertébrés, Université de Toronto et Musée royal de l’Ontario

Victoria est une biologiste évolutionniste et une spécialiste des dinosaures à armure appelés ankylosaures. Ces dinosaures possédaient des queues singulières qui ont évolué pour devenir de véritables armes. Victoria s’est intéressée à l’origine évolutionnaire des queues en forme de massue des ankylosaures, à la biomécanique de l’impact des queues en forme de massue, et aux caractéristiques qui contraignent l’évolution des queues utilisées comme armes. Ses recherches portent également sur la biogéographie des dinosaures et l’influence des changements climatiques sur la répartition géographique des dinosaures en Amérique du Nord et en Asie. Victoria a obtenu un baccalauréat en sciences à l’Université Dalhousie, une maîtrise en sciences et un doctorat à l’Université de l’Alberta, et a passé deux ans comme boursière postdoctorale au Musée des sciences naturelles de Caroline du Nord, Université de Caroline du Nord (à Raleigh, en Caroline du Nord) avant de revenir au Canada pour accepter une bourse postdoctorale du CRSNG au Musée royal de l’Ontario et à l’Université de Toronto. Elle a contribué à la création du cours en ligne Dino 101, qui a joint plus de 70 000 étudiants dans le monde entier. Elle a également participé au récent documentaire télévisé Dino Hunt Canada, et a agi comme conseillère scientifique pour le film 3D Sur la terre des dinosaures, le documentaire Clash of the Dinosaurs et le jeu vidéo Saurian, qui sera lancé bientôt.

Stephanie Kedzior – Boursière 2016 Fonds France-Canada pour la Recherche

Génie chimique, Université McMaster

Stephanie Kedzior est étudiante au doctorat en génie chimique à l’Université McMaster. Elle a obtenu un baccalauréat en sciences appliquées en génie nanotechnologique à l’Université de Waterloo en 2013. Sa recherche doctorale porte sur l’utilisation de nanomatériaux durables dans les revêtements adhésifs. Elle est également responsable d’unité au sein des Guides du Canada et bénévole aux camps de sciences et génie comme mentor en génie chimique.

Joanna Bundus – Boursière 2016 Fonds France-Canada pour la Recherche

Écologie et évolution biologique, Université de Toronto

Joanna Bundus est étudiante au doctorat au département d’écologie et évolution biologique de l’Université de Toronto. Dans le laboratoire Cutter, elle étudie la spéciation, c’est-à-dire le processus évolutif par lequel une espèce d’origine se divise en deux nouvelles espèces.